Femme de 60 ans assise sur un tapis de yoga en extérieur, souriante

Commencer le yoga à 60 ans, est-ce trop tard ?

Non. Et si vous voulez la réponse avant même de lire le reste, la voici : à soixante ans, on peut commencer le yoga, on peut le commencer sans en avoir jamais fait, et le corps répond. Ce n’est pas une formule d’encouragement, c’est une observation qui tient dans la physiologie, et que je vais essayer de vous montrer simplement.

La question revient souvent, avant l’inscription, et je la comprends. Elle ne porte pas vraiment sur le yoga. Elle porte sur une image : celle des corps jeunes et très souples qui occupent les écrans, les postures spectaculaires, les jambes impossibles. Devant cette image, on se dit qu’on a laissé passer le moment, que le corps s’est raidi avec les années, qu’il faudrait un temps fou pour rattraper un retard. Et donc qu’à soixante ans, autant renoncer.

Il n’y a pourtant pas de retard à rattraper, parce qu’il n’y a pas de course. Le yoga ne demande pas d’aller loin, il demande d’aller juste. C’est une nuance qui change tout, et c’est elle qui rend la question inutile.

Le corps de soixante ans n’est pas un corps fermé

Ce que l’on sait aujourd’hui du corps qui prend de l’âge tient en une phrase : il continue de s’adapter. Un muscle sollicité avec douceur et régularité se renforce, à trente ans comme à soixante-dix. La mobilité d’une articulation se maintient, et se retrouve, quand on la fait bouger dans toute son amplitude un peu chaque semaine. L’équilibre, qui repose sur des capteurs répartis dans les pieds, les chevilles et l’oreille interne, s’améliore dès qu’on l’exerce, et il s’améliore vite. Le système nerveux, lui, apprend à tout âge : un geste répété avec attention devient plus fluide et plus sûr, séance après séance.

Rien de tout cela ne demande d’être souple au départ, ni fort, ni jeune. Cela demande de la constance et de la concentration. C’est d’ailleurs là qu’est l’exigence du yoga, et elle n’est pas dans la performance ni dans l’effort douloureux : elle est dans la justesse du geste, répété, tenu, habité. On ne cherche pas à en faire beaucoup, on cherche à bien faire une chose simple. Et cette justesse-là, un corps de soixante ans y accède aussi bien qu’un autre, parfois mieux, parce que l’envie de prouver quelque chose s’est apaisée.

Il arrive même que soixante ans soit un bon moment pour commencer. On écoute mieux ce que le corps dit. On a moins besoin d’aller vite. On accepte plus facilement de rester dans une posture simple le temps qu’elle produise son effet. Ce sont exactement les conditions dans lesquelles le yoga travaille.

Et si vous avez une articulation sensible, une raideur au réveil, une opération ancienne, ce n’est pas grave, et ce n’est pas un obstacle : chaque posture a des options, et on adapte. Le yoga que je propose part du corps tel qu’il est ce jour-là, pas d’un corps idéal.

Il n’y a pas d’âge pour commencer. Il y a seulement le corps que l’on a aujourd’hui, et il répond.

Un essai, ce soir, sur une chaise

Prenez une chaise stable et sans accoudoirs, et asseyez-vous au bord, les pieds bien à plat, écartés de la largeur des hanches. Posez les mains sur les cuisses. Inspirez en grandissant le buste vers le haut, comme si un fil tirait doucement le sommet de votre crâne. Puis, sur l’expiration, tournez lentement le buste vers la droite en gardant le bassin immobile, et posez le regard par-dessus l’épaule droite. Restez trois respirations calmes. Revenez au centre en inspirant, et faites la même chose de l’autre côté.

Ne cherchez pas à tourner loin. Cherchez à tourner juste, sans forcer, sans à-coup. Au bout de deux ou trois passages de chaque côté, la rotation vient un peu plus facilement qu’au premier essai. Ce petit gain, obtenu en quelques respirations, c’est le corps qui s’adapte, exactement le mécanisme dont je parlais plus haut. Vous venez de le vérifier sur vous, à soixante ans ou à l’âge que vous avez.

Ce qui se passe en cours

Les cours de Big Mama Yoga sont pensés pour des corps qui ont vécu, pas pour des corps de magazine. On y pratique un hatha doux et du yoga sur chaise, avec des postures accessibles et, pour chacune, des variantes selon ce que le corps permet. Le yoga demande un effort réel : on sent le corps travailler, s’étirer, se tenir. Le repère est simple, la sensation d’étirement ou de tonicité est juste, la douleur vive ne l’est jamais. C’est dans cet effort attentif, et non dans la contrainte, que le corps progresse.

Personne n’est en retard, pour une raison simple : les personnes qui viennent ont un âge et des questions proches des vôtres. On ne se compare pas à quelqu’un de vingt ans. On pratique parmi des gens qui commencent, ou qui reprennent après longtemps, dans un corps semblable au vôtre. Les séances ont lieu en présentiel dans les locaux de l’association TEMPO à Besançon, et en ligne par visio pour pratiquer depuis chez soi. Dans les deux cas, on progresse à son rythme, ce qui, en yoga, est le seul rythme qui existe.

Alors non, il n’est pas trop tard. Ce serait trop tard s’il fallait rattraper un retard, or ce n’est pas ainsi que le corps fonctionne. Le bon moment pour commencer, c’est celui où l’on se pose la question.

La première séance est offerte, avec le code BIENVENUE. Venez, et prenons le temps.

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